( AFP / SAMEER AL-DOUMY )
Le géant Bouygues , présent dans la construction, les travaux publics ou les télécommunications, a amélioré son bénéfice net en 2025, malgré l'impact de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises, mais ses ventes sont restées stables et ont souffert du taux de change.
La maison-mère d'Equans, Colas, Bouygues Telecom ou TF1 a réalisé en 2025 un bénéfice net de 1,1 milliard d'euros, en hausse de 7,6%.
Bouygues estime l'impact sur son bénéfice de la contribution exceptionnelle au rétablissement des finances publiques à 69 millions d'euros. Le groupe a dans le même temps amélioré de 4,7% son résultat opérationnel courant des activités, indicateur de rentabilité, à 2,7 milliards d'euros.
Le directeur général du groupe, Olivier Roussat, a salué jeudi lors d'une conférence de presse des résultats "extrêmement solides avec un cash flow libre (flux de trésorerie libre, NDLR) record".
Le chiffre d'affaires, cependant, resté stable à 56,9 milliards d'euros (+0,2%), a été affecté "cette année par un effet change qui s'est majoritairement produit sur le second semestre", a-t-il relevé.
Bouygues prévoit de verser à ses actionnaires un dividende de 2,10 euros (+5%) par action, sous réserve d'un vote favorable en assemblée générale le 23 avril.
Sa branche construction (Colas, Bouygues Construction, Bouygues Immobilier) disposait fin décembre d'un carnet de commandes d'un "niveau très élevé de 32 milliards d'euros, offrant de la visibilité sur l'activité future", bien qu'en légère baisse de 1% sur un an.
Il est "en hausse en Europe hors France (+2% sur un an), stable en France sur un an, et en baisse à l'international hors Europe (-4% sur un an)".
Colas a notamment enregistré une prise de commandes dans le rail en "forte hausse sur un an", avec notamment des contrats importants au Royaume-Uni, au Maroc, en France et en Europe du Nord.
Mais pour la route, la perspectives des élections municipales de mars 2026 en France a ralenti les prises de décision, et la prise de commandes y est en repli.
"Ce n'est pas parce que le rail se développe que la route baisse", a néanmoins commenté Olivier Roussat, faisant état de "sujets porteurs sur le long terme".
- Rachat de SFR -
Bouygues dit viser pour 2026 une stabilité du chiffre d'affaires à taux de change constants, contre une augmentation de 1,3% en 2025. Les impacts de change ont été significatifs sur l'année écoulée, à -580 millions d'euros, "quasi-intégralement concentrés sur le second semestre".
Le groupe a par ailleurs dit, comme un mois plus tôt fin janvier, qu'"aucun accord à date" n'a été trouvé dans les discussions pour l'achat potentiel à Altice de SFR par le consortium composé des trois autres opérateurs télécoms français, Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange.
Une procédure de "due diligence" a été entamée en janvier chez SFR. Elle doit permettre "d'avoir une base de discussion avec le vendeur potentiel pour pouvoir se mettre d'accord sur des modalités d'acquisition et sur un montant de transaction", a détaillé Olivier Roussat.
"Pour la première fois, on a vraiment quelqu'un qui veut quitter le secteur et donc il y a un opérateur à vendre", a-t-il ajouté.
Bouygues Telecom est toutefois resté prudent. "Il n'y a aucune certitude que ce processus aboutisse à un accord", a souligné l'opérateur.
Le groupe Bouygues entend en outre maintenir en 2026 son résultat opérationnel courant des activités (Roca) à un "niveau historiquement élevé, après plusieurs années d'amélioration significative".
L'amélioration "du Roca d'Equans permettra de compenser la baisse attendue du Roca de TF1 en lien avec les tensions anticipées sur le marché publicitaire linéaire, et de celui de Bouygues Telecom en lien avec la hausse prévue des amortissements", détaille le groupe, qui emploie environ 200.000 personnes dans 80 pays.
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer